Nvidia et OpenAI construisent le plus grand data center du monde : 105 milliards et un modèle inédit
105 milliards de dollars de garantie financière, 1,5 million de puces, 8 gigawatts de puissance de calcul, location verrouillée pour vingt ans : l’accord signé entre Nvidia et OpenAI pour le centre de données « PORTS-Pike » dans l’Ohio, révélé en août 2026, est le plus gros contrat de l’histoire de l’informatique. Il va accueillir ce qui doit devenir le plus grand centre de données du monde. Et il illustre un modèle économique inédit qui soulève une vraie question : assiste-t-on à une bulle… ou à la construction des fondations du siècle de l’IA ?

Le deal en trois chiffres
- 105 Mds $ de garantie Nvidia sur la construction et le loyer du centre de Pike County (Ohio) — d’abord envisagée à 250 Mds, le montant avait fait chuter l’action Nvidia de 5 % avant d’être ramené à un niveau acceptable pour les investisseurs.
- 8 GW d’ici 2032 — l’équivalent de la consommation électrique de plusieurs millions de foyers, entièrement dédiée au calcul IA.
- 20 ans de location : OpenAI s’engage sur deux décennies, SB Energy (groupe SoftBank) possède les murs, Nvidia équipe exclusivement.

Le « modèle circulaire » qui inquiète
Le New York Times a mis le doigt sur ce qui gêne : ces accords sont de plus en plus circulaires. Nvidia prête/garantit de l’argent à son client OpenAI, qui dépense cet argent… pour acheter des puces Nvidia. Jensen Huang se défend (« OpenAI devra payer un loyer »), mais le schéma est le même dans les autres mégadeals : le fournisseur de puces finance la demande de ses propres produits. C’est en substance ce que les analystes appellent le risque de boucle de financement auto-référentielle : si la demande d’IA faiblit, c’est toute la chaîne qui tremble d’un coup.
Ce risque n’est pas théorique : le simple bruit d’une garantie à 250 Mds $ a fait perdre 5 % au titre Nvidia en séance. Le marché jauge en temps réel la solidité de ces montages.

Pourquoi c’est (aussi) une bonne nouvelle
Mettons aussi les choses en face : OpenAI compte désormais plus de 700 millions d’utilisateurs actifs hebdomadaires. La demande est réelle, mesurable, et croissante. Les 10 GW annoncés l’an dernier dans le partenariat Nvidia-OpenAI (100 Mds $ annoncés en septembre 2025) ne sont pas de la spéculation pure : le premier gigawatt, sur plateforme Vera Rubin, entre en service au second semestre 2026.
Et l’Europe regarde ailleurs : pendant que les Américains posent des millions de puces, la priorité du vieux continent reste la régulation. L’écart d’infrastructure se creuse — et il se paiera en capacité d’entraînement des futurs modèles.
Ce que ça change pour les particuliers (et pour La Réunion)
- Les modèles gagnent en puissance disponible : plus de calcul = des réponses plus rapides et des modèles plus capables, y compris pour les utilisateurs finaux.
- La facture énergétique devient un enjeu politique : 8 GW, ça se négocie avec les États — l’Ohio a obtenu emplois et investissements en échange.
- Paradoxalement, l’IA locale reste pertinente : pendant que le cloud concentre des milliards, un Raspberry Pi 5 à 95 € fait tourner des modèles utiles sans dépendre de cette méga-infrastructure (on l’a montré dans un guide récent).
Le verdict
PORTS-Pike est à la fois le plus grand pari infrastructurel de l’histoire de la tech et le test de résistance du modèle « Nvidia finance, OpenAI loue, SoftBank possède ». Si la demande d’IA tient, ce sera vu comme le moment où les fondations du 21e siècle ont été posées. Si elle faiblit, les manuels d’économie y verront la définition même de la bulle. Dans les deux cas, le chantier de l’Ohio est l’endroit à surveiller.
Sources : Courrier International (18 août 2026), Financial Times, New York Times, communiqués officiels Nvidia/OpenAI.
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