Colossus : le supercalculateur d’xAI à Memphis, ce que l’on sait en 2026
Environ 100 000 processeurs graphiques montés en 122 jours en 2024, puis une deuxième tranche qui porte l’ensemble à près d’un gigawatt en 2026 : le site Colossus d’xAI à Memphis est l’un des plus grands centres de calcul d’IA. Sa rapidité fascine, ses turbines à gaz et son ancrage local suscitent des contestations. Voici les faits, avec leurs sources et leurs limites. Article mis à jour le 19 septembre 2026.
Qu’est-ce que Colossus ?
Colossus est le nom donné aux centres de calcul de xAI, la société d’intelligence artificielle d’Elon Musk, à Memphis (Tennessee) et dans sa banlieue. Un centre de calcul d’IA est un bâtiment rempli de milliers de processeurs graphiques (GPU) reliés entre eux pour entraîner des modèles comme Grok. Plus il y a de GPU, plus on peut entraîner des modèles volumineux, à condition de pouvoir les alimenter en électricité.
Colossus en quelques repères
Chiffres issus de la page Wikipédia « Colossus (data center) », consultée le 19 septembre 2026. Plusieurs valeurs sont des estimations.
Colossus 1 : un chantier record en 2024
Le premier site occupe une ancienne usine Electrolux, au sud de Memphis. Sa construction a duré 122 jours. Il est devenu opérationnel entre juillet et septembre 2024, avec environ 100 000 GPU Nvidia H100 au départ. Il a ensuite reçu des GPU plus récents (H200, puis les premiers B200).
L’électricité a été le point dur. Le raccordement initial au réseau était d’environ 8 mégawatts. Il a été complété par des turbines à gaz temporaires et 168 batteries Tesla Megapack. Selon Wikipédia, la capacité de ce site est louée, à la date de mai 2026, à Anthropic, qui en utiliserait la quasi-totalité. Cette information provient d’une seule source et n’a pas été confirmée ici auprès des entreprises.
Colossus 2 : l’échelle supérieure
xAI achète le site de Colossus 2, dans le quartier de Whitehaven, en février 2025, pour environ 80 millions de dollars. Le premier cluster est en ligne vers janvier 2026, après 91 jours de construction : environ 110 000 processeurs de classe GB200 et une puissance d’environ 210 mégawatts. Des GB300 sont ajoutés ensuite.
À la mi-2026, l’ensemble serait compris entre 300 000 et plus de 350 000 GPU. Ces chiffres sont approximatifs. D’autres publications avancent des valeurs plus élevées : un billet du blog Introl évoque 555 000 GPU et 2 GW. Ces écarts montrent qu’aucun décompte officiel indépendant n’existe à notre connaissance. Un « GPU » ne se compare d’ailleurs pas d’une génération à l’autre : un GB300 est bien plus puissant qu’un H100.
Chronologie de Colossus
Du premier chantier aux contentieux de 2026.
Le débat : vitesse, énergie et voisinage
Les partisans du projet mettent en avant la rapidité d’exécution et la capacité à entraîner des modèles sans dépendre de fournisseurs externes. Le ministère américain de la Justice, dans sa demande de rejet de juin 2026, a invoqué la sécurité nationale, l’économie et l’énergie, y compris pour des usages militaires de l’IA.
Les opposants soulèvent des points précis. Les turbines temporaires du site de Southaven, dans le Mississippi, ont d’abord compté 50 à 70 unités, avec 19 ajoutées en mai 2026. Les riverains craignent des émissions d’oxydes d’azote et de formaldéhyde, ainsi qu’une pression sur l’eau (des millions de gallons par jour) et sur le réseau électrique. La plainte d’avril 2026, portée par la NAACP avec le Southern Environmental Law Center et Earthjustice, invoque en outre un impact disproportionné sur des quartiers à majorité noire. Selon la source citée, les unités temporaires devraient être retirées d’ici mi-2027 dans le cadre d’un accord réglementaire.
Ces éléments relèvent d’allégations en cours d’examen : aucune décision de justice définitive n’est citée à ce stade. Nous les présentons comme telles.
Et la comparaison internationale ?
L’énergie est devenue le nouveau facteur limitant de l’IA. Aux États-Unis, la construction se fait vite mais se heurte à des questions de permis et de voisinage. La Chine et l’Europe suivent d’autres trajectoires, avec leurs propres contraintes, sur lesquelles nous reviendrons avec des données comparables. Pour La Réunion, la question est plus modeste mais réelle : quelle électricité pour des usages d’IA locaux, dans un réseau insulaire ?
Conclusion : un symbole des limites physiques de l’IA
Colossus montre que l’IA ne dépend pas seulement de logiciels : elle se construit avec du béton, des turbines et des accords de voisinage. La vitesse de construction est documentée ; l’impact environnemental et juridique reste, lui, en discussion. À suivre : l’issue de la procédure fédérale, le calendrier de retrait des turbines temporaires et des chiffres de capacité vérifiés par des tiers.
Sources
- Wikipédia (en), « Colossus (data center) », consulté le 19 septembre 2026
- Introl Blog, « xAI Colossus Hits 2 GW: 555,000 GPUs, $18B » (chiffres non vérifiés indépendamment)
- SemiAnalysis, « xAI’s Colossus 2 – First Gigawatt Datacenter In The World » (consulté en titre uniquement)
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